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[Tanzanie] 🇹🇿 AfricTivistes condamne fermement la violente répression des manifestations en Tanzanie !

5 novembre 2025

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La situation en Tanzanie s’enfonce dans une spirale de violence et de répression. Les élections générales du 29 octobre, marquées par l’exclusion des principales forces d’opposition et par des irrégularités, a déclenché le même jour une vague de contestation populaire durement réprimée.

Les autoritĂ©s ont dĂ©clarĂ© un couvre feu au soir du scrutin suivi d’une coupure d’internet dans un climat de rĂ©pression sanglante dans plusieurs localitĂ©s du pays. Le 1er novembre, la prĂ©sidente Samia Suluhu Hassan, candidate Ă  sa propre succession, a Ă©tĂ© proclamĂ©e victorieuse avec 98 % des voix, le lendemain d’un dĂ©but de coupure totale d’internet dans un climat de rĂ©pression sanglante

MĂŞme si un assouplissement progressif est notĂ©, depuis le 29 octobre, l’internet mobile est restreint, rendant difficile toute circulation d’information et aggravant l’opacitĂ© autour des Ă©vĂ©nements en cours. Selon NetBlocks, ces coupures constituent une stratĂ©gie dĂ©libĂ©rĂ©e pour museler les voix dissidentes. 

Depuis le scrutin, des milliers de Tanzaniens sont descendus dans la rue pour dénoncer un processus électoral verrouillé et exprimer un profond ras-le-bol face à la corruption, au chômage et à la gouvernance autoritaire. Selon le porte parole du principal parti d’oppostion, le Chadema, 700 personnes ont été tuées, tandis qu’Amnesty International fait état d’une centaine de morts ainsi que d’arrestations massives, de disparitions forcées et d’actes de torture.

La prĂ©sidente Hassan a prĂŞtĂ© serment le 3 novembre dans un contexte oĂą les principaux opposants et leurs partis avaient Ă©tĂ© Ă©cartĂ©s du processus Ă©lectoral. Le parti Chadema a Ă©tĂ© disqualifiĂ© pour avoir refusĂ© de signer un code Ă©lectoral jugĂ© inĂ©quitable. Son leader, Tundu Lissu, est toujours dĂ©tenu et jugĂ© pour trahison, un crime passible de la peine de mort. Luhaga Mpina, chef du  second plus grand parti de l’opposition ACT-Wazalendo, a lui aussi Ă©tĂ© disqualifiĂ©, limitant ainsi les choix des citoyens  lors de ce scrutin. 

Dans une déclaration préliminaire sur ces élections, la Mission d’observation électorale de la communauté régionale de l’Afrique australe SADC (SADC-SEOM) a pour sa part relevé de multiples violations : restrictions politiques, arrestations d’opposants, coupures d’Internet, censure médiatique et absence de réformes garantissant la transparence du processus électoral.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme a exhorté les forces de sécurité à renoncer à l’usage d’une « force disproportionnée », tandis que le Président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a déploré les pertes en vies humaines et rappelé l’importance du respect des droits et libertés fondamentaux, notamment la liberté d’expression et de manifestation pacifique.

Sous la présidence de Samia Suluhu Hassan, arrivée au pouvoir en mars 2021 après le décès de John Magufuli, le climat politique tanzanien n’a cessé de se détériorer, marquant une érosion continue des libertés publiques.

AfricTivistes condamne avec la plus grande fermeté la répression violente exercée contre les citoyens tanzaniens, qui exercent leur droit constitutionnel de manifester, conformément aux articles 17, 18 et 19 de la Constitution tanzanienne, ainsi qu’aux articles 10 et 11 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP). Aucun processus électoral ne peut être crédible sans pluralisme politique, liberté d’expression et sécurité des citoyens.

La Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples a dénoncé ce « black-out numérique », rappelant que l’article 9 de la CADHP garantit le droit de recevoir et de diffuser des informations, et que le principe 38 de la Déclaration de principes sur la liberté d’expression et l’accès à l’information en Afrique interdit toute coupure d’Internet injustifiée.

AfricTivistes appelle le gouvernement tanzanien à respecter ses obligations constitutionnelles et internationales, notamment en matière des libertés d’expression, de réunion, d’accès à l’information et de respect des droits fondamentaux.

Nous exhortons les organisations régionales africaines et la communauté internationale à dépasser les déclarations de principe et à agir fermement face à cette dérive autoritaire. Il est urgent de soutenir les acteurs de la société civile tanzanienne qui, au péril de leur vie, œuvrent pour une gouvernance inclusive, la justice et la dignité humaine.

Le réseau AfricTivistes s’incline devant la mémoire des victimes de cette répression et réaffirme son engagement indéfectible pour la démocratie, la paix et les droits humains sur le continent africain.

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