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[Guinée-Bissau] Déclaration conjointe – Afrikajom Center et AfricTivistes condamnent fermement la prise de pouvoir par les militaires et alertent face au risque d’une crise politique !

27 novembre 2025

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Le 26 novembre 2025, des officiers militaires ont annoncé avoir pris le « contrôle total » de la Guinée-Bissau jusqu’a “ nouvel ordre”, suspendant les institutions et bloquant la proclamation des résultats des élections présidentielle et législative du 23 novembre. Les frontières ont été fermées et le processus électoral interrompu, alors que les citoyens attendaient de connaître le Président élu.

Ce groupe d’officiers se rassemblent autour du “Haut commandement militaire pour la restauration de l’ordre“. Leur déclaration a été lue au siège de l’état-major des forces armées par le général Denis N’Canha, chef de la maison militaire du palais présidentiel. Ce coup d’Etat militaire est survenu quelques jours après la tenue du premier tour des élections générales qui se sont tenues le 23 novembre. Les résultats provisoires étaient attendus aujourd’hui avant d’être validés par la Cour suprême.

Le haut commandement militaire a aussi ordonné la suspension de l’accès à plusieurs réseaux sociaux dont Facebook, TikTok et Instagram sur l’ensemble du territoire. Cette mesure constitue une atteinte grave à la liberté d’expression et au droit fondamental des citoyens à l’information, aggravant encore la crise politique en cours. 

Nous exprimons notre profonde préoccupation et notre indignation face à la rupture brutale de la Constitution et du processus électoral en Guinée-Bissau. Cette prise de pouvoir par les forces militaires constitue une atteinte grave à la souveraineté du peuple bissau-guinéen et représente une menace directe pour la démocratie, l’État de droit, les droits humains, la paix et la stabilité dans le pays.

Pour rappel, depuis l’élection de Umaro Sissoco Embaló en 2019, la Guinée-Bissau a traversé plusieurs crises politiques et institutionnelles, marquées par des tensions entre le pouvoir exécutif et le principal parti d’opposition, le PAIGC majoritaire au sein de l’Assemblée nationale élue en 2019 puis à nouveau majoritaire après les législatives de 2023, a vu ces deux Assemblées successivement dissoutes par le président, en 2022 puis en 2023. Les récents processus électoraux ont souvent été accompagnés de tensions et de violences, soulignant l’urgence de consolider les mécanismes démocratiques et de garantir un État de droit solide.

En outre, le pays a connu une histoire marquée par des coups d’État militaires répétés depuis son indépendance, fragilisant les institutions démocratiques et ralentissant le développement socio-économique du pays. Face à cette situation alarmante qui prévaut depuis des mois et qui a été symbolisé par plusieurs atteintes flagrantes aux droits fondamentaux, nous: 

  • appelons au retour immédiat à l’ordre constitutionnel et à la poursuite du processus électoral, afin que le Président démocratiquement élu soit proclamé et installé comme exigé par les missions d’observations de la Cedeao et de l’Union africaine ;
  • appelons la libération immédiate de tous les acteurs politiques détenus dont le président sortant Umaro Sissoco Embalo et l’ancien président de l’Assemblée Nationale, Domingo Simoes Pereira ;
  • invitons les institutions régionales et internationales à exiger un retour rapide à l’ordre constitutionnel et à soutenir la continuité du processus électoral ;
  • recommandons un retour à un dialogue politique inclusif entre toutes les forces vives bissau-guinéennes pour aboutir à des solutions démocratiques, transparentes, justes et pacifiques.

En définitive, nous apportons notre solidarité au peuple bissau-guinéen et aux militants pro-démocratie. Nous continuons de suivre de près la situation et de promouvoir le respect de la démocratie, de l’État de droit et des droits humains en Guinée-Bissau. 

Fait à Dakar le 27/11/2025

  • Afrikajom Center
  • AfricTivistes

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