Aller au contenu principal
Retour aux actualités
Nos communiqués

Levez-vous, dirigeants politiques africains !

23 octobre 2025

Partager

23 migrants trouvent la mort à la frontière espagnole

Vendredi 24 juin 2022, vingt-trois personnes ont trouvé la mort alors qu’elles tentaient de franchir le mur séparant Nador, au Maroc, de l’enclave espagnole de Melilla, lors d’une tentative de franchissement massive. Des images montrent des dizaines de corps enchevêtrés, morts ou blessés, gisant au sol après que la police marocaine a tenté de les repousser.

Cette tragédie soulève la question de la politique migratoire en Afrique et la nécessité impérative de respecter les droits fondamentaux des migrants subsahariens.

En effet, le traitement réservé à ces jeunes Africains à la frontière maroco-espagnole suscite une vive indignation. Le 18 juin dernier, de violents affrontements ont éclaté dans cette même zone entre des migrants et les forces de police marocaines, faisant plusieurs blessés. Nador, point stratégique pour les migrants potentiels, est désormais une « zone interdite » pour eux, qui sont contraints de se réfugier dans les forêts pour tenter de rejoindre l’Europe.

Cependant, ces hommes et ces femmes en quête d’une vie meilleure méritent le respect. Ils jouissent de droits et de libertés fondés sur la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui garantit solennellement l’égalité entre les individus et le principe de non-discrimination. Ce texte protège toute personne contre la torture ou les traitements cruels, inhumains ou dégradants.

La Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) s’inscrit dans la même logique que la déclaration susmentionnée. Selon celle-ci, toute personne a droit à la liberté de circulation, ainsi qu’à la possibilité de demander ou de bénéficier de l’asile en cas de persécution. Dans son article 12, la CADHP stipule que « toute personne a droit à la liberté de circulation et de résidence à l’intérieur d’un État ».

Dans la même optique, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 16 décembre 1966 stipule, dans son article 2, que : « Les États parties au présent Pacte s’engagent à respecter et à garantir à tous les individus se trouvant sur leur territoire et relevant de leur juridiction les droits reconnus dans le présent Pacte, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation. »

Il est donc établi que rien ne peut justifier certaines mesures à l’encontre des migrants qui, au contraire, doivent être protégés et pris en charge dans tous les domaines (éducation, santé, etc.)

AfricTivistes juge dégradant et profondément révoltant ce qui s’est passé à la frontière entre le Maroc et l’Espagne. Cette tragédie rappelle à tous le caractère sacré de la vie humaine et la responsabilité qui incombe aux autorités politiques d’assurer la sécurité des migrants potentiels, mais aussi de condamner systématiquement les menaces et les atteintes à la vie des Africains.

Nous estimons que les mesures prises par les autorités africaines et l’attitude des pays d’origine des migrants ne sont pas à la hauteur de la catastrophe et du chaos humanitaire provoqués par ce fléau.

Nous dénonçons le laxisme des institutions africaines en ce qui concerne le traitement réservé aux migrants subsahariens à travers le monde et déplorons l’absence d’une véritable politique africaine en matière de migration.

Nous dénonçons l’absence d’un mécanisme africain permettant d’apporter une aide rapide aux migrants en détresse.

Nous exigeons qu’une enquête internationale soit menée afin de faire la lumière sur cette tragédie humaine et d’identifier les responsables.

Nous appelons les acteurs africains à se réunir dès que possible afin de mener des discussions cruciales sur les conséquences désastreuses de la migration sur le continent.

Nous exigeons que tous les États (pays d’origine des migrants, pays de transit et pays européens) respectent les textes et conventions internationaux relatifs aux droits de l’homme et aux droits des migrants. Nous les exhortons à faire prévaloir l’humanité et l’ouverture à l’autre dans l’ensemble de leurs actions.

Articles similaires